Le message moral des vanités

Le site internet du lycée de Versailles fournit un PDF en ligne sur le sujet des vanités. Il possède une seule page. Un paragraphe entier est consacré à une partie du sujet qui nous intéresse : le message moral des vanités.

La vanité, en exposant des éléments triviaux de la vie terrestre, permet de rappeler au spectateur que ces choses de la vie quotidienne diffèrent de Dieu, et ne sont en aucun cas essentielles. Les fruits souvent présents sont présents pour montrer le caractère éphémère de la vie. Plus explicitement souvent un crâne appuie cet argument. Le crâne renvoie à celui d’Adam, souvent représenté au pied de la croix du Christ, dans le but de raviver l’histoire du péché originel, et de l’immortalité de l’homme perdu à cause du péché.

La Bible qui est représenté tout simplement en livre ouvert, est la clé de compréhension d’une vanité, qui la distinguerait d’une nature morte ordinaire.

Le site internet du Louvre propose des notices sur des oeuvres sélectionnées, sur un thème, ici la nature morte.

Sous l’aspect donc anecdotique, qu’il est possible d’interpréter comme un travail technique sur la représentation d’objets et de choses, se cache un message moralisateur.

Ce qui nous amène à réfléchir sur la façon de lire une vanité. Chaque élément, chaque motif constitue une pièce du discours moral. Par exemple, la présence d’animaux dans une nature morte veut incarner un plaidoyer contre le désordre, l’aspect irréfléchi, en un mot la frivolité.

Cette peinture de Adriaen van Utrecht de 1644, conservée au Rijksmuseum, représente une nature morte, on y voit des fruits (raisins, clémentines, cerises, pêches, citrons, mirabelles, groseilles, abricots etc.), de la viande (jambon), des crustacés (crabes, homards) et du vin, des instruments de musiques, des plantes, un encensoir, des livres et un drap blanc. Le drap blanc représente le linceul, et rappelle le message religieux de cette oeuvre.

Sont également présents des animaux, vivants, tels qu’un singe, un chien et un perroquet. Ces animaux ont tous des symboliques bien précises. Le singe incarne le désordre, les pulsions humaines, le chien la fidélité, mais il est ici à moitié rasé ce qui montre le processus d’affaiblissement de cette vertu. Le perroquet lui représente la luxure.

En outre, certains éléments sont « entamés » d’autres pas. Le citron à moitié pelé et coupé en deux, le jambon, la tourte, la partition ouverte, le chien à demi rasé, les fruits qui ont une teinte moins vives (comme le raisin et les fruits au premier plan qui tombent du panier renversé). D’autres ont un aspect intact : le livre fermé sous le violon, la couleur jaune vive des citrons, le homard qui parait encore vivant. Il y a donc cette opposition qui veut faire comprendre au spectateur que rien ne dure, et que le processus d’écoulement du temps est déjà en marche, e temps s’écoule inéluctablement. Il n’y a pas d’issue possible à ce processus, parce que l’homme est impulsif comme un singe, est distrait par la luxure et les plaisirs de la chaire, dont le perroquet incarne ce vice, et enfin il n’est plus fidèle, ou du moins sa fidélité est-elle en train de se détériorer.

Notons également que le chien est souvent attribué à Judas dans les représentations de la Cène, ce chien qui regarde vers le drapé blanc, symbole de la Passion du Christ.

Clémence L.

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