Persée secourant Andromède de Joachim Wtewael : une vanité cachée ?

http://perseetandromede.wordpress.com

Joachim Wtewael, Persée sécourant Andromède, 1611, toile, 180 x 150 cm, Musée du Louvre, Paris http://perseetandromede.wordpress.com

      Dans cet article, il s’agira d’analyser un tableau très intéressant de Joachim Wtewael, Persée secourant Andromède. Ce tableau comporte en fait trois tableaux en un : un paysage qui semblerait être une vue idéalisée de la ville d’Harleem, un nu académique, et une nature morte au premier plan que je vais analyser en tant que vanité à l’aide de plusieurs ressources numériques.

       Je voudrais vous présenter un blog d’un amateur qui a fait une description de ce tableau de manière divertissante, qui est à prendre au second degré. Il s’agit de missionaulouvre (ce lien vous envoie directement à l’article concernant le tableau). Ce blog est en fait comme un journal de bord, d’un amateur, Jean-Sebastien Cariot, qui s’est donné pour « mission » de visiter le Louvre tous les jours à sa pause déjeuner pendant un semestre. Il publie alors un article pour chaque oeuvre qui l’a marquée et raconte son sujet et son histoire. Nous naviguons facilement sur ce blog grâce au sommaire.

Capture d’écran du blog missionaulouvre
Pour continuer avec les blogs, je vais vous présenter un écrit par des consoeurs de Ressources Numériques de l’année dernière, qui ont fait un blog entièrement dédié au mythe de Persée et Andromède. La navigation est très ludique car les trois étudiantes ont fait une page par technique de représentation (sculpture, peinture, cinéma, musique, littérature, ect…).

Capture d’écran du blog perseeetandromede
Le site de la Société des Amis du Louvre a publié une petite page sur ce tableau. Nous retrouvons ce tableau par un des onglets proposés à gauche : acquisitions puis liste des oeuvres. L’interface est aussi plutôt ludique, l’onglet acquisitions puis liste des oeuvres est classifié selon les différentes salles du Musée du Louvre. Le qui sommes nous? est très complet. C’est une société privée qui est aujourd’hui le premier mécène du Musée du Louvre.

Capture d’écran société des amis du Louvre page Persée et Andromède de Wtewael

***

      Joachim Wtewael est un peintre dit maniériste hollandais, il est né en 1566 et mort en 1638 à Utrecht.

     Si vous ne connaissez pas tout à fait le mythe de Persée et Andromède vous êtes invité à aller voir les diverses ressources proposées ci-dessus,. Il est important de préciser que ce tableau est une sorte de fusion de deux mythes : celui de Persée avec des sandales ailées sauvant Andromède du monstre marin, et de Béllerophon avec Pégase tuant la chimère.

perseetandromede.wordpress

Joachim Wtewael, Persée secourant Andromède, 1611 (Détail)

     Nous remarquons qu’aux pieds d’Andromède, le sol est littéralement tapissé de coquillages vides associés à un crâne et un os à son pied droit, et à son coté gauche un cadavre ayant perdu toute sa chair. Finalement, un contexte plutôt funeste; c’est pourquoi nous pouvons penser tout d’abord à une nature morte.
Mais aussi à une vanité. Ici, les ossements rappelle le destin d’Andromède qui est donnée en sacrifice au monstre marin, ces ossements sont les dernières victimes du monstre avant elle. Par cette association d’une belle jeune femme et de la mort, nous pouvons penser à une première vanité. Celle qui correspond à l’adage « rappelle-toi que tu vas mourir », et faisant référence à la cruauté de la vie, car nous savons que nous allons mourir mais nous ne savons pas quand. Ce crâne peut aussi fait allusion à ce que sera Andromède, ou ce que nous serons, dans quelques dizaines d’années.
Cette représentation du memento mori est la plus répandue, comme nous avons pu le voir dans nos divers articles précédents. Mais nous n’avons encore jamais traités dans ce blog du coquillage dans les vanités.
A vrai dire, il est assez difficile de trouver une ou des significations de cet élément sur le net. Je vais tenter une interprétation par moi-même en m’appuyant sur diverses lectures numériques effectuées, qui sont présenter au début de cet article. Depuis longtemps le coquillage fait référence à la femme. Tantôt à la Vierge, souvent à l’enfant comme La Sainte Conversation de Pierro della Francesca, nous remarquons que l’abside de l’architecture forme un coquillage. Tantôt à la femme plus charnelle, et la nous pensons à la déesse Venus et à la fameuse Naissance de Venus de Sandro Botticelli. Ici le coquillage fait directement référence au sexe féminin et à la fécondité, en tant qu’attribut de Venus.

       Si nous nous remettons dans le contexte de Persée et Andromède; ce-dernier tombant amoureux de cette belle femme nue en détresse; cette dernière assimilation du coquillage concorde dans ce tableau qui mêle héroïsme et érotisme. A cette époque l’académie du nu, était certes un exercice pictural fastidieux qui vantait la maitrise du dessin de l’artiste, mais elle était destinée aussi à un certain plaisir visuel. Nous pouvons penser alors à une vanité du plaisir charnel. Un plaisir éphémère, qui ne dure qu’un temps, lorsque nous sommes beaux et jeunes. C’est peut-être aussi ce qui attend Persée et Andromède après leur mariage.

Clémentine J.

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