L’iconographie des bulles de savons dans les vanités

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=MILL&VALUE_98=1645%20vers%20&DOM=All&REL_SPECIFIC=3

Jan LIEVENS, Enfant faisant des bulles de savon, 2ème quart du XVII ème siècle, Musée de Besançon.

        Le musée des Beaux-Arts de Caen s’est penché sur le thème des vanités dans la peinture. Cette exposition qui a duré trois mois date d’il y a quatorze ans. C’est l’une des principales expositions sur ce sujet. Le Musée des Beaux-Arts de Caen a mis à disposition sur son site un espace pédagogique, accessible depuis l’interface d’accueil, à partir de l’onglet intitulé « Ressources ». A noter que l’interface présente toutes les informations principales concernant les horaires, les expositions en cours et l’actualité (les conférences notamment).

         A l’occasion de l’exposition sur les Vanités au Musée des Beaux Arts de Caen en 1990, une fiche d’analyse d’oeuvre exposée a été proposée et mise en ligne sous forme de PDF. Cette fiche compare différentes oeuvres de l’exposition afin d’éclairer son analyse de l’oeuvre principale commentée. L’oeuvre commentée est de NICOLAES VAN VEERENDAEL, artiste anversois. Il s’agit d’une nature morte, d’une vanité. Ce document apporte des éléments sur l’iconographie des vanités. 

          Le site du Musée des Beaux Arts est la propriété du Musée des Beaux-Arts de Caen, musée municipal de la Ville de Caen (siège social : Mairie de Caen, Esplanade Jean-Marie Louvel – 14 027 CAEN Cedex 9). Le directeur de la publication est Philippe Duron, maire de Caen et le responsable éditorial est Patrick Ramade, conservateur en chef, directeur du Musée des Beaux-Arts de Caen

         Le catalogue de l’exposition, accessible seulement en version imprimée a été rédigé sous la direction d’Alain Tapié avec la collaboration de Jean-Marie Dautel et Philippe Rouillard. L’éditeur est le Musée des Beaux-Arts de Caen lui même, et il date de 1990. Il a été imprimé en Belgique. 

        Il comprend un article de Inguar Bergstrom intitulé « Homo Bulla, La boule transparente dans la peinture hollandaise à la fin du XVI ème siècle et au XVII ème siècle ». 

         Le site du Rijksmuseum est un outil précieux pour retrouver des oeuvres de peintres néerlandais en lien avec le sujet ici développé : la boule transparente dans les natures mortes de vanités. 

         La représentation des boules ou bulles de savon apparait dès le XVI ème siècle dans les gravures de Hendrick Glotzius (1558-1617). Un putto est appuyé sur un crâne et devant lui se trouve un lys. Un peu plus loin de la fumée sort d’un vase. L’idée représentée par cette image emblématique est la courte durée de la vie humaine, telle une fleur fragile, ici le lys. La gravure est assortie d’une phrase en latin : « QUIS EVADET ? »  C’est-à-dire « Qui s’en échappe? ». C’est de la mort dont il est question, et la réponse est : personne. 

          Une autre gravure de Jacques de Gheyn, aussi auteur d’une vanité datée de 1603 été conservée au Metropolitan Museum de New York, contient une multitude de symboles et d’inscriptions en rapport avec les vanités. La mention « HOMO BULLA«  signifie « l’homme n’est qu’une bulle ». La mort saisit l’homme, qu’il soit roi ou paysan, comme figuré sur la gravure. La mention « MORS SCEPTRA LIGONIBUS AEQVAT » signifie « la mort rend égaux le sceptre et la pioche », et appuie cette idée d’égalité devant la mort. 

         L’artiste Jan Lievens  qui est né à Leyde en 1607 et mort à Amsterdam en 1674 a réalisé un tableau intitulé Homo Bulla, daté de 1645 et qui est conservé au musée des Beaux-Arts de Besançon. Il représente un jeune enfant nu qui est assis en pleine nature, puisqu’on aperçoit des arbres au dernier plan.

        A ses pieds, un fémur, un crâne et une mâchoire inférieure puis à sa gauche un sablier. On retrouve l’idée de la mort à travers les os, qui contraste avec la jeunesse de ce putto sans ailes, ce jeune garçon d’une blancheur éclatante. Le contraste est aussi opéré au niveau de sa chair volumineuse et gracile à proximité du crâne noir. Le jeune garçon est occupé à fabriquer des bulles en soufflant dans une sorte d’objet qu’il tient entre ses mains. La bulle est pleine, bien ronde, comme ses membres, et pourtant est destinée à éclater.

         Ce qui est intéressant de noter c’est que cette iconographie a été utilisée dans le cadre d’un sujet biblique. L’oeuvre de Hieronymus Wierix, 1563 – before 1619, représente le Christ soufflant des bulles de savons. Ce thème du Christ représenté enfant assorti d’éléments renvoyant à sa mort prochaine est récurrent mais il est plus rare de trouver ce motif là des bulles de savons. Souvent lié à la jeunesse, cette iconographie veut appuyer l’innocence de l’enfant qui ne se doute pas de l’inéluctable fuit du temps et de la fragilité de la vie.

Clémence L.

Bibliographie : 

‎A. Tapié, Les Vanités dans la Peinture au XVIIe siècle. Méditation sur la richesse, le dénuement et la rédemption – catalogue d’exposition 27 juillet 15 octobre 1990‎. ‎Caen, Musée des Beaux-arts, 1990

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