La vanité représentée dans l’autoportrait de David BAILLY (1651)

David BAILLY, Autoportrait ou Vanité, Nature Morte avec portrait d'un jeune peintre, 1651, huile sur bois, 90 x 122cm, Stedelijk Museum, Leyde © Copyright Luc Rozsavolgyi 2004 - 2008

David BAILLY, Autoportrait ou Vanité, Nature Morte avec portrait d’un jeune peintre, 1651, huile sur bois, 90 x 122cm, Stedelijk Museum, Leyde
© Copyright Luc Rozsavolgyi 2004 – 2008

       Les ressources ayant permis cette recherche sont un site internet d’amateur et un blog, chacun ayant fourni une analyse de l’Autoportrait de David Bailly.

Capture d'écran du blog http://mydailyartdisplay.wordpress.com. Page "About"

Capture d’écran du blog http://mydailyartdisplay.wordpress.com. Page « About »

       La première ressource utilisée est un blog rédigé en anglais d’un amateur anglophone d’Histoire de l’Art faisant régulièrement des articles sur des oeuvres de toutes époques confondues. Son travail a débuté en  2010 : my daily art display. Ce blog est hébergé par WordPress. L’interface du blog est plutôt esthétique, avec un moteur de recherche par mots-clés, comprenant des noms de peintres ou des genres artistiques. On note un trop-plein de catégories cependant. Il aurait été plus didactique de faire plusieurs onglets dans le menu principal pour se repérer plus facilement. D’après ce que l’on peut lire dans certains de ses articles, l’auteur souhaite traiter d’oeuvres qui n’ont pas encore été beaucoup étudiées. Lorsque l’on tape « vanitas » dans la barre de recherche nous nous trouvons face à plusieurs articles traitant plus ou moins de la vanité. Malgré le peu d’informations sur l’auteur, sa formation, son âge, ou bien même son pays, je recommande ce blog car il est très intéressant et concentre bon nombre de présentations de tableaux, d’artistes, de mouvements artistiques. On peut suivre ce blog en recevant des alertes par mail. En ce qui concerne l’article sur l’Autoportrait de David Bailly, il est très complet, y figure également une courte biographie utile pour cerner l’artiste, ainsi qu’une description et une analyse de la vanité.

       Ensuite, un site français datant de 2003, réalisé un collaboration avec un professeur et plusieurs de ses élèves. L’auteur, Luc Rozsavolgyu, explique que ce site a pour objet de regrouper des extraits importants de ses cours donnés en Classe Préparatoire H.E.C et à l’Académie supérieure des Beaux-Arts. Le site en lui-même n’est pas pratique, mais j’ai voulu le citer car l’article traitant de l’Autoportrait de David Bailly est assez intéressant, bien que pas scientifique. L’esthétique de l’interface est peu agréable par sa couleur beaucoup trop criarde pour être appréciée et nous ne pouvons accéder aux différentes rubriques que par un code d’accès.  J’ai réussi a trouvé l’article en question uniquement par l’intermédiaire du moteur de recherche Google.

 ***

      Cet autoportrait comporte plusieurs nom : Vanité au portrait, Vanité, nature morte avec portrait d’un jeune peintre. C’est une huile sur bois de 1651 par le peintre néerlandais David Bailly né en 1584 et mort en 1657 à Leyde (actuels Pays-Bas), non loin de la région d’Amsterdam. Elle est actuellement exposé au Stedelijk Museum de Leyde.

       Leyde est à l’époque une ville concurrente d’Amsterdam sur le plan économique et celui de la production artistique. David Bailly a été portraitiste à Amsterdam. Souvent dans ses portraits sont mis en scène des natures mortes ayant pour objet une vanité. C’est à la suite de son Grand Tour de l’Europe qu’il peigna fréquemment des natures mortes et des vanités.

Une mise en abîme.

       Ce tableau a été peint lorsque l’artiste été âgé de 67 ans, or le sujet de l’oeuvre c’est un homme plutôt d’un jeune âge. Il est facilement aisé de le reconnaitre : c’est l’artiste lui-même, en plus jeune. Il nous présente de sa main gauche un autoportrait de son visage à l’âge où il peint le tableau. Cette scène est comme une projection du passé pour l’homme représenté dans le petit cadre ovale, ou bien du futur pour le jeune homme représenté. Quoiqu’il en soit, ces deux projections tendent vers la même fin : la vieillesse, la décomposition et la mort. C’est pourquoi dans l’autre partie du tableau se trouve une nature morte.

La représentation des arts et des connaissances

      On remarque qu’au dessus du creux de son coude gauche est suspendue au mur une palette nue qui symbolise la peinture. Au dessus de cette palette se trouve le dessin avec la représentation du Bouffon jouant du luth de Frans Hals (c.1623) qui découle de la représentation de la musique qui figure aussi avec une flute posée derrière l’autoportrait « vieux ».

sg

A gauche : Bouffon jouant du luth de Frans Hals, c.1623, Musée du Louvre, 70 x 62 cm. Source :  http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/le-bouffon-au-luth & A droite : détail de l’Autoportrait de Bailly, source: http://www.cynthia3000.info/celine-brun-picard/blog/index.php?tag/david-bailly

Enfin, le jeune homme présente avec sa canne les multiples objets qui se trouvent sur la table : la représentation de la  la sculpture avec une miniature de buste et d’une sculpture sur piedestal. Puis se trouve aussi un rouleau de papier et un livre, qu’on peut interpréter ici comme des symboles de connaissance. Le lien entre la partie gauche et la partie droite du tableau se fait par les bras du jeune homme. Ces divers objets font du ou des peintres représentés des personnes érudits ayant la connaissance des lettres et des arts.

Une vanité

     Associés à cette mise en abîme et à cette représentation des arts, des éléments symbolisant la finitude de la vie : des roses, une bougie éteinte d’où s’échappe de la fumée, des bulles de savons qui représentent la fragilité de la vie, puis le crâne et le sablier signifiant directement le destin funeste de chaque homme. Sont présents aussi des éléments représentant les passions humaines : un verre rempli d’un liquide ambré, peut-être de la bière ou du vin blanc très consommés à l’époque (il était commun d’être ivre dans cette région au XVIIème, beaucoup de représentations en manifestent), des pièces de monnaies, un collier de perles, un couteau en os ou en ivoire et un tissu noir précieux. Tout ceci est agencé pour que ce soit agréable aux yeux du spectateur. En dernier élément qui justifie que ce soit une vanité : la présence du verre au reflet rouge sang semblable à un calice et à une boule d’encens, y figure aussi des livres, peut être la Bible, renvoyant directement à la condamnation des passions par la religion chrétienne.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0d/David_Bailly_Vanitas1651.jpg

Détail de l’Autoportrait de David Bailly Source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0d/David_Bailly_Vanitas1651.jpg

        Ce tableau est une mise en scène, car se trouve dans le coin droit du tableau un rideau qui peut faire penser au rideau du théâtre, que l’on dégage lorsque la scène commence et que l’on ferme lorsque c’est fini. Avec ce rideau, le tableau tend de nouveau vers l’ambiguïté du présent et du passé : on dégage le rideau pour montrer ce qui va arriver dans un futur plutôt lointain pour un jeune homme, ou bien on le ferme pour exprimer le faite que la « partie est finie », c’est la fin de la représentation.

Clémentine J.

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