Tulipomanie et Vanités en peinture : la crise de février 1637

Le premier article que j’ai lu au sujet de la Tulipomanie est celui de Wikipedia. Le site wikipedia est une encyclopédie libre sur internet, autrement dit un « wiki » : les pages que contiennent ce site sont modifiables par les visiteurs, il suffit pour cela de se créer un compte. C’est en fait une véritable communauté avec 16 845 contributeurs actifs et 1 777 734 utilisateurs inscrits à ce jour. À la base, c’est un projet co-fondé par un homme d’affaires américain, Jimmy Wales, datant de janvier 2001. On ne pas dire que c’est une source fiable mais cette encyclopédie en ligne permet d’avoir une première version et une vision globale de ce que l’on recherche.

En ce qui concerne l’article sur la Tulipomanie il est  complet et contient un certain nombre de parties. On peut voir une partie intitulée « La crise de la tulipe dans les arts » avec une sous-partie « Quelques exemples dans la peinture » que je trouve très complète et détaillée. Cet article sur la peinture est écrit à partir du catalogue d’exposition qui a eu lieu au Rijksmuseum en 2006 appelée « Flowers, Tulips, roses and hyacinthe at the Rijksmuseum Schiphol Amsterdam», introuvable en livre numérique. Je pense que ce qui fait la fiabilité de cet article est la présence de plusieurs notes de références.

 J’ai complété ma recherche sur ce sujet en trouvant un article le concernant sur le site herodote.net. C’est aussi une encyclopédie en ligne sur l’Histoire universelle. Nous trouvons le « qui sommes-nous » tout en bas de la page d’accueil dans « Contact ». Il est dit que les articles publiés font références dans le milieu de l’enseignement. Ce site a le soutient des « amis d’hérodote.net », un livre numérique leur est dédié chaque trimestre. Le site propose en plus des articles, des chroniques deux à trois fois par semaine. Dans ce « qui sommes-nous », nous trouvons le détail de l’équipe rédactionnelle que je vous invite à aller regarder car il est très complet. La navigation sur ce site semble assez ludique, avec des pages thématiques. De plus, la page de l’accueil correspond aux actualités du site, ce qui montre que le site est mis à jour en permanence.

Capture d’écran Hérodote.net

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Venons-en à notre sujet: la Tulipomanie et sa représentation dans les Vanités.

La Tulipomanie est une des premières crises économiques résultant de l’explosion d’une bulle spéculative. En fait de « fonds pourris » ou de subprimes, il s’agissait alors du prix du bulbe de la tulipe. Ce dernier était en effet monté en flèche avant de s’effondrer subitement. Un graphique du site internet tiré d’un blog intitulé Fortune illustre cette chute libre.

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Retour en arrière pour comprendre le déroulé de cette crise. L’essor de la compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC), fondée en 1602, a permis la prospérité d’une nouvelle classe de marchands et de négociants. Cette nouvelle est classe est très friande de ce qui se fait de plus précieux et voire même de rare. C’est dans ce contexte que s’inscrit la Tulipomanie. Le bulbe de la Tulipe provient de l’Asie par le relais de l’Autriche, cette fleur passionne les bourgeois par sa beauté, mais aussi parce qu’elle est la fleur d’ornement de la puissante Constantinople. De plus, lorsque les bulbes sont apportés en Europe, ils comportent un virus mutant dont la reproduction est quasi impossible et fait une couleur tout à fait extraordinaire à la fleur, avec des taches. Ce qui accroit leur rareté et la passion pour ces fleurs. Les prix flambent en milliers de florins (sachant qu’un ouvrier spécialisé gagne 150 florins par an) et provoque une crise car les acheteurs ne peuvent plus respecter leur contrat. Cette partie de la population fait faillite et se retrouve ruinée.  Certains économistes font même référence à la crise des subprimes de 2006.

Jacob de GHEYN, still life, 1603, La Haye

Jacob de GHEYN, still life, 1603, La Haye

La représentation des fleurs dans les natures mortes, aussi bien en tableaux qu’en planches illustrées, est très développée au Siècle d’Or, elle permet une alternative durable aux fleurs périssables. La représentation de la tulipe dans ce «contexte de crise » s’ajoute à cela. Cette fleur symbolise à la fois que tout périt ici-bas (comme le crâne ou la bougie), mais c’est aussi une critique par les calvinistes de la vanité du luxe développée par l’essor de la bourgeoisie marchande, qui est aussi figurée par les bijoux et les bibelots luxueux. 

Le tableau présenté est de Jacob de Gheyn (1565-1629), il l’a peint à La Haye à la fin de sa vie en 1603. Comme on peut le voir la fleur de tulipe représentée à gauche est associé au crâne, symbole par excellence de la vanité et de la mort. Ce crâne se veut être celui d’Adam, qui se trouvait aux pieds de la croix du Christ. On peut également voir deux calices, symbole de l’eucharistie et de la passion du Christ qui s’est sacrifié pour l’humanité. La tulipe est aussi associée à la bulle de savon qui évoque la nature éphémère de la vie. Enfin, elle se complète aux pièces d’or voulant démontrer la vanité du luxe et cette folie d’achats de tulipes à un prix très élevé.

Pour conclure, on a pu comprendre que la Tulipomanie a une grande incidence aux Pays-Bas pour l’économie qui a subit un grand choc. Mais aussi dans la société d’artistes, les peintres ont vu dans cet événement un nouveau thème de représentation des vanités : la nature éphémère de l’existence associée à la vanité de la richesse.

Clémentine J.