Le foyer artistique d’Amsterdam et les vanités au 17 ème siècle

Les artistes au XVII ème siècle sont surtout présents dans les centres économiques de production, c’est à dire les villes dynamiques, telle qu’Amsterdam. Ils s’inscrivent dans des guildes afin de pouvoir exercer leur métier. Chaque ville a ainsi ses artistes regroupés en atelier, ou qui se retrouvent au sein de la guilde : ils influent donc les uns sur les autres. Cette mise en commun des recherches picturales est doublée de spécificités artistiques liées à la tradition locale. De véritables « foyers de peinture » apparaissent, sans pour autant se détacher de l’unité de la peinture hollandaise : le réalisme de la représentation, le goût pour la description minutieuse des éléments, des couleurs brillantes et un travail sur la lumière.

La scène de genre en générale émerge un siècle avant notre période d’étude, au XVI ème siècle. Les artistes ne s’intéressent alors plus à illustrer un texte ou un fait historique mais simplement à créer des illustrations de proverbes ou de morales tout en représentant la vie quotidienne des habitants de sa ville. Les scènes de genre ont été longtemps le sujet de prédilection des peintres. Elles étaient prisées à l’époque car correspondaient aux goûts de la bourgeoisie qui apprécie de voir mis en valeur ce qui la distingue justement des autres : les objets précieux et à foison. La puissance des Provinces-Unies provient de sa véritable suprématie maritime et commerciale constituée grâce aux investissements de la bourgeoisie et à son dynamisme.

Il en est ainsi de Jan Steen (1625-1679) né et mort à Leyde, dans la région d’Amsterdam. Sa Joyeuse Famille peinte en 1668 illustre le proverbe « Ce que chantent les vieux, les petits le fredonnent ». La présence d’objets de luxe sur le sol, entassés, la beauté des tissus (une broderie recouvre la table à souper), la présence des instruments et du vin renvoie aux vanités humaines. Ces véritables « fragments de réel » servent de support moral. Ici il s’agit de mettre en garde les parents de ne pas donner le mauvais exemple aux enfants. On voit en effet un tout jeune enfant au premier plan qui boit du vin à même la cruche aidé par sa soeur, et deux jeunes adolescents en train de fumer au fond à droite de la scène. Un nourrisson est même présent dans les bras de sa mère. Il est possible d’y voir un présage : le nourrisson va se mettre à boire jeune, comme les deux enfants à la cruche, puis à fumer un peu plus tard, si ses parents lui montrent un tel exemple.

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Les vanités, repris du Livre de l’Ecclésiaste développe une morale (comme il a été vu dans un article précédent). Cette morale porte sur la brièveté de la vie et la nécessité de méditer sur le Jugement Dernier. Pourtant, paradoxalement, celles-ci semblent pousser le spectateur à profiter des plaisirs de la vie. La multitude d’objets entassés porteurs de symboliques respectives, dont deux exemples ont été analysés dans des articles précédents (la tulipe et la bougie), renvoie à la société hollandaise qui s’est enrichie petit à petit et qui a un gout certain pour les objets précieux. Chaque élément dans sa catégorie dénonce en quelque sorte les traits de cette société bourgeoise :

-les bougies qui se consument, les sabliers et horloges dénoncent la fuite du temps;

-les fleurs fanées, fruits renvoient au destin commun;

-les miroirs veulent symboliser la vanité des apparences;

-la peinture elle-même évoque le fait que tout n’est qu’illusion.

Le succès de la nature morte, et notamment des vanités, aux Pays Bas à cette époque s’explique donc par sa valeur décorative et son prix moins élevé que les peintures d’Histoire. Les peintures d’Histoire sont en effet considérées comme étant plus prestigieuses et intellectuelles. La scène de genre manque alors de règles précises et d’une théorie qui l’unifierait. C’est justement ce dernier trait qui plait aux peintres.

En effet, ce succès vaut aussi pour les peintres qui apprécient de pouvoir travailler librement sans la contrainte du sujet et de se concentrer sur la peinture en elle-même : la disposition des objets, la mise en scène de ces derniers, leurs textures, couleurs, la mise en contraste avec d’autres objets qui leur sont opposés du point de vue de leurs natures ou de leurs propriétés physiques.

Ainsi, les scènes de genres s’imposent-elles sur le marché de l’art Hollandais, dont les vanités, dans la région d’Amsterdam à cette période.

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Ressources numérique / bibliographie 

Pour répondre  à ce sujet, le site Insecula est utile car il fournit des synthèses historiques concises et claires. Ce site contient une encyclopédie des arts et de l’architecture, il s’agit d’un site français qui contient des images et des descriptions de milliers d’oeuvres d’art des musées majeurs et des collections de France et d’ailleurs. Le moteur de recherche est simple à utiliser. L’absence de bibliographie est très dommage. L’interface est un peu vieillie mais simple. 

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Le site internet Histoire pour tous est un site internet dont les articles sont rédigés par des étudiants, enseignants ou passionnés. C’est un véritable magazine en ligne spécialisé sur l’Histoire destiné aux curieux mais aussi aux initiés. Le directeur éditorial est Frédéric Gerlier, diplômé de Sciences Politiques. Un article intitulé « La peinture de genre hollandaise au XVIIème siècle » . L’interface de ce site est très accessible, avec un défaut seulement au niveau des onglets, trop nombreux et qui ne facilite pas la recherche. 

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Un ouvrage a permis d’enrichir mon discours dans cet article : G.Cassegrain, C. Guégan, P. Le Chanu, O. Zeder, L’ABCdaire de Vermeer, Flammarion, 2010, Paris. Il est très pratique car il offre une description de la société du 17ème siècle, des peintres de la région d’Amsterdam (Harleem, Leyde), du contexte historique. 

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Clémence L.

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Tulipomanie et Vanités en peinture : la crise de février 1637

Le premier article que j’ai lu au sujet de la Tulipomanie est celui de Wikipedia. Le site wikipedia est une encyclopédie libre sur internet, autrement dit un « wiki » : les pages que contiennent ce site sont modifiables par les visiteurs, il suffit pour cela de se créer un compte. C’est en fait une véritable communauté avec 16 845 contributeurs actifs et 1 777 734 utilisateurs inscrits à ce jour. À la base, c’est un projet co-fondé par un homme d’affaires américain, Jimmy Wales, datant de janvier 2001. On ne pas dire que c’est une source fiable mais cette encyclopédie en ligne permet d’avoir une première version et une vision globale de ce que l’on recherche.

En ce qui concerne l’article sur la Tulipomanie il est  complet et contient un certain nombre de parties. On peut voir une partie intitulée « La crise de la tulipe dans les arts » avec une sous-partie « Quelques exemples dans la peinture » que je trouve très complète et détaillée. Cet article sur la peinture est écrit à partir du catalogue d’exposition qui a eu lieu au Rijksmuseum en 2006 appelée « Flowers, Tulips, roses and hyacinthe at the Rijksmuseum Schiphol Amsterdam», introuvable en livre numérique. Je pense que ce qui fait la fiabilité de cet article est la présence de plusieurs notes de références.

 J’ai complété ma recherche sur ce sujet en trouvant un article le concernant sur le site herodote.net. C’est aussi une encyclopédie en ligne sur l’Histoire universelle. Nous trouvons le « qui sommes-nous » tout en bas de la page d’accueil dans « Contact ». Il est dit que les articles publiés font références dans le milieu de l’enseignement. Ce site a le soutient des « amis d’hérodote.net », un livre numérique leur est dédié chaque trimestre. Le site propose en plus des articles, des chroniques deux à trois fois par semaine. Dans ce « qui sommes-nous », nous trouvons le détail de l’équipe rédactionnelle que je vous invite à aller regarder car il est très complet. La navigation sur ce site semble assez ludique, avec des pages thématiques. De plus, la page de l’accueil correspond aux actualités du site, ce qui montre que le site est mis à jour en permanence.

Capture d’écran Hérodote.net

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Venons-en à notre sujet: la Tulipomanie et sa représentation dans les Vanités.

La Tulipomanie est une des premières crises économiques résultant de l’explosion d’une bulle spéculative. En fait de « fonds pourris » ou de subprimes, il s’agissait alors du prix du bulbe de la tulipe. Ce dernier était en effet monté en flèche avant de s’effondrer subitement. Un graphique du site internet tiré d’un blog intitulé Fortune illustre cette chute libre.

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Retour en arrière pour comprendre le déroulé de cette crise. L’essor de la compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC), fondée en 1602, a permis la prospérité d’une nouvelle classe de marchands et de négociants. Cette nouvelle est classe est très friande de ce qui se fait de plus précieux et voire même de rare. C’est dans ce contexte que s’inscrit la Tulipomanie. Le bulbe de la Tulipe provient de l’Asie par le relais de l’Autriche, cette fleur passionne les bourgeois par sa beauté, mais aussi parce qu’elle est la fleur d’ornement de la puissante Constantinople. De plus, lorsque les bulbes sont apportés en Europe, ils comportent un virus mutant dont la reproduction est quasi impossible et fait une couleur tout à fait extraordinaire à la fleur, avec des taches. Ce qui accroit leur rareté et la passion pour ces fleurs. Les prix flambent en milliers de florins (sachant qu’un ouvrier spécialisé gagne 150 florins par an) et provoque une crise car les acheteurs ne peuvent plus respecter leur contrat. Cette partie de la population fait faillite et se retrouve ruinée.  Certains économistes font même référence à la crise des subprimes de 2006.

Jacob de GHEYN, still life, 1603, La Haye

Jacob de GHEYN, still life, 1603, La Haye

La représentation des fleurs dans les natures mortes, aussi bien en tableaux qu’en planches illustrées, est très développée au Siècle d’Or, elle permet une alternative durable aux fleurs périssables. La représentation de la tulipe dans ce «contexte de crise » s’ajoute à cela. Cette fleur symbolise à la fois que tout périt ici-bas (comme le crâne ou la bougie), mais c’est aussi une critique par les calvinistes de la vanité du luxe développée par l’essor de la bourgeoisie marchande, qui est aussi figurée par les bijoux et les bibelots luxueux. 

Le tableau présenté est de Jacob de Gheyn (1565-1629), il l’a peint à La Haye à la fin de sa vie en 1603. Comme on peut le voir la fleur de tulipe représentée à gauche est associé au crâne, symbole par excellence de la vanité et de la mort. Ce crâne se veut être celui d’Adam, qui se trouvait aux pieds de la croix du Christ. On peut également voir deux calices, symbole de l’eucharistie et de la passion du Christ qui s’est sacrifié pour l’humanité. La tulipe est aussi associée à la bulle de savon qui évoque la nature éphémère de la vie. Enfin, elle se complète aux pièces d’or voulant démontrer la vanité du luxe et cette folie d’achats de tulipes à un prix très élevé.

Pour conclure, on a pu comprendre que la Tulipomanie a une grande incidence aux Pays-Bas pour l’économie qui a subit un grand choc. Mais aussi dans la société d’artistes, les peintres ont vu dans cet événement un nouveau thème de représentation des vanités : la nature éphémère de l’existence associée à la vanité de la richesse.

Clémentine J.

 

Le message moral des vanités

Le site internet du lycée de Versailles fournit un PDF en ligne sur le sujet des vanités. Il possède une seule page. Un paragraphe entier est consacré à une partie du sujet qui nous intéresse : le message moral des vanités.

La vanité, en exposant des éléments triviaux de la vie terrestre, permet de rappeler au spectateur que ces choses de la vie quotidienne diffèrent de Dieu, et ne sont en aucun cas essentielles. Les fruits souvent présents sont présents pour montrer le caractère éphémère de la vie. Plus explicitement souvent un crâne appuie cet argument. Le crâne renvoie à celui d’Adam, souvent représenté au pied de la croix du Christ, dans le but de raviver l’histoire du péché originel, et de l’immortalité de l’homme perdu à cause du péché.

La Bible qui est représenté tout simplement en livre ouvert, est la clé de compréhension d’une vanité, qui la distinguerait d’une nature morte ordinaire.

Le site internet du Louvre propose des notices sur des oeuvres sélectionnées, sur un thème, ici la nature morte.

Sous l’aspect donc anecdotique, qu’il est possible d’interpréter comme un travail technique sur la représentation d’objets et de choses, se cache un message moralisateur.

Ce qui nous amène à réfléchir sur la façon de lire une vanité. Chaque élément, chaque motif constitue une pièce du discours moral. Par exemple, la présence d’animaux dans une nature morte veut incarner un plaidoyer contre le désordre, l’aspect irréfléchi, en un mot la frivolité.

Cette peinture de Adriaen van Utrecht de 1644, conservée au Rijksmuseum, représente une nature morte, on y voit des fruits (raisins, clémentines, cerises, pêches, citrons, mirabelles, groseilles, abricots etc.), de la viande (jambon), des crustacés (crabes, homards) et du vin, des instruments de musiques, des plantes, un encensoir, des livres et un drap blanc. Le drap blanc représente le linceul, et rappelle le message religieux de cette oeuvre.

Sont également présents des animaux, vivants, tels qu’un singe, un chien et un perroquet. Ces animaux ont tous des symboliques bien précises. Le singe incarne le désordre, les pulsions humaines, le chien la fidélité, mais il est ici à moitié rasé ce qui montre le processus d’affaiblissement de cette vertu. Le perroquet lui représente la luxure.

En outre, certains éléments sont « entamés » d’autres pas. Le citron à moitié pelé et coupé en deux, le jambon, la tourte, la partition ouverte, le chien à demi rasé, les fruits qui ont une teinte moins vives (comme le raisin et les fruits au premier plan qui tombent du panier renversé). D’autres ont un aspect intact : le livre fermé sous le violon, la couleur jaune vive des citrons, le homard qui parait encore vivant. Il y a donc cette opposition qui veut faire comprendre au spectateur que rien ne dure, et que le processus d’écoulement du temps est déjà en marche, e temps s’écoule inéluctablement. Il n’y a pas d’issue possible à ce processus, parce que l’homme est impulsif comme un singe, est distrait par la luxure et les plaisirs de la chaire, dont le perroquet incarne ce vice, et enfin il n’est plus fidèle, ou du moins sa fidélité est-elle en train de se détériorer.

Notons également que le chien est souvent attribué à Judas dans les représentations de la Cène, ce chien qui regarde vers le drapé blanc, symbole de la Passion du Christ.

Clémence L.

La représentation de la bougie dans les vanités

A partir de deux ressources bien différentes l’une de l’autre nous pouvons comprendre le ou les symboles d’une vanité en la définissant et en étudiant l’iconographie.

Caroline BOUVIER, enseignante de Lettres Classiques au lycée Eugène Delacroix de Maison-Alfort a publié un article sur son blog intitulé « Aspect du baroque: vanité » qui permet de définir les éléments des vanités. Ce blog est hébergé par LeWebPédagogique qui est une communauté éducative francophone, créée en 2005, permettant par le biais d’un blog, un échange complémentaire aux cours entre enseignant et élève.

Enfin, le site du Memory of the Netherlands regroupe les reproductions photographiques de toutes les collections se trouvant aux Pays-Bas. Cette base de donnée est mise en relation avec la Koninklijke Bibliotheek (National Library of the Netherlands). A partir de là la recherche « vanitas » permet de visualiser toutes les représentations portant le nom de vanités.

Nous pouvons constater à partir de ces deux ressources, que l’on peut retrouver dans les représentations une bougie allumée, ou bien une bougie éteinte ou encore un chandelier vide.

Par l’aspect pédagogique d’un blog d’enseignante au lycée, nous pouvons dire que la bougie caractérise la fuite du temps, le caractère éphémère de la vie. Mais nous pouvons aussi penser à la lumière divine. En effet, les vanités ont souvent une morale religieuse cachée derrière elles. On peut justifier cette remarque par le dossier effectué par le « club de philo » du lycée de Sèvres.

J’ai pris ici deux exemples antinomiques pour expliquer la signification de la bougie dans la vanité.

Johannes van den Aveele, Vanitas stilleven met schedel en kandelaar, 1699, Amsterdam Museum

Johannes van den Aveele, Vanitas stilleven met schedel en kandelaar, 1699, Amsterdam Museum

Le premier de Johannes van den Aveele (1699) avec une bougie allumée sur le coté du tableau au coté d’un crâne éclairé très vivement par une lanterne dans laquelle se trouve un sablier. Ce tableau peut faire penser au coté religieux de la vanité, rappeler au spectateur que sa vie entière doit être consacré au christ et que son objectif ultime est d’aller au paradis.

Pieter Symonsz Potter, Vanitas stilleven, 1646, Rijksmuseum

Pieter Symonsz Potter, Vanitas stilleven, 1646, Rijksmuseum

Le second de Pieter Symonsz Potter (1646) avec un chandelier vide, qui insinue que la bougie est terminée et symbolise encore plus le coté morbide de la vie.

Ces exemple expriment finalement ce qu’on appelle par rapport à la vanité le memento mori (« rappelle-toi que tu vas mourir »).

Clémentine J.

Toute nature morte est elle une vanité ?

Le site internet du Rijksmuseum répertorie les oeuvres conservées et exposées au sein du musée. Le site est en néerlandais et peut être traduit en anglais.

Il y a quatre possibilités offertes : explorer la collection, faire une recherche dans la collection, le Rijksstudio et « recherches et bibliothèque ».

Explorer la collection permet de parcourir le catalogue numérisé des oeuvres à partir de quatre onglets : les « gros plans » contenant les chefs d’oeuvres; « feuilleter la collection »; puis les oeuvres concernant l’Histoire et enfin la partie réservée aux expositions temporaires.

L’autre possibilité permet elle d’effectuer une recherche dans la collection via un moteur de recherche, à partir de critères tels que le nom de l’artiste, de l’oeuvre ou de la scène.

Ce site est très utile pour trouver les oeuvres conservées au musée, de bonnes qualités. En faisant une recherche à partir du moteur de recherche « vanitas » on trouve de nombreux onglets permettant de trouver les artistes qui ont travaillé sur ce sujet.

Le site ne fournit pas beaucoup d’analyses, d’articles ou d’ouvrages numérisées. Par ailleurs, il y a une différence subtile entre « explorer la collection » et « rechercher dans la collection »

et dans l’onglet « explorer la collection » il y a un onglet qui permet de faire une recherche, ce qui recoupe la fonction de « rechercher dans la collection ».

Le dictionnaire en ligne Larousse est utile pour trouver les différents sens d’un terme. Il définit la nature morte comme étant un genre artistique caractérisé par la « représentation pictural d’objets, de fleurs, de fruits, de l’égumes, de gibier ou de poissons ». La définition précise plus tard que la vanité est une nature morte qui comporte une « juxtaposition de certains motifs ».

Le Larousse fournit une information quant à l’apparition du terme de nature morte : ce mot daterait de 1650 « still-leven » aux Pays-Bas. Une telle provenance s’explique par le gout des pays d’Europe du Nord pour la « réalité concrète des choses », et ce, notamment en Hollande.

Domino est un portail qui répertorie des ressources numériques en ligne. Par le biais de ce portail, on trouve un lien vers le site de Persée. Persée est une bibliothèque en ligne de revues scientifiques dans des domaines des sciences humaines et sociales, et notamment d’Histoire de l’art.

Sur le site de Persée, en tapant dans le moteur de recherche « vanités natures mortes » on trouve l’article de Marc Blanchard, professeur de littérature comparée à l’Université de Californie, Davis. Le sujet de son article porte notamment sur la question :

Toute nature morte est elle une vanité ? 

Dans son article numérisé accessible sur le portail Persée, Marc Blanchard sillonne cette question de la nature morte et des vanités.

La vanité est une catégorie à part de la nature morte du fait de sa charge symbolique : la mort qui « guette l’amateur de choses terrestres » par des fleurs qui se fanent, des os, une montre ou horloge qui marque la fuite du temps. La nature morte fait appel au sens uniquement visuel, alors que la vanité éveille la conscience de son spectateur. Le message d’une vanité est d’ordre moral, qui veut dénoncer le caractère vain des biens terrestres, toutes appelées à disparaitre. L’utilisation des fruits, des fleurs et des légumes est probant car ces produits moisissent presque à vue d’oeil. C’est une référence à notre propre avancée vers la mort.

Clémence L.